Finale de Fédérale 1 : entretien avec Romuald François (REC Rugby)

Publié le 9 juin 2022

À quelques jours de la finale de Fédérale 1 face à Hyères-Carqueiranne, nous avons rencontré Romuald François, au REC Rugby depuis 10 ans. L’occasion d’échanger avec l’ailier, aussi Responsable Développement pour Lamotte, sur son métier dans l’immobilier, son arrivée au REC Rugby, l’évolution et la réussite du club, et les émotions partagées à l’intérieur du groupe. Retrouvez l’entretien complet, réalisé au siège du groupe Lamotte, ce mercredi 8 juin.

Tu évoluais au Stade Rochelais auparavant.  Comment t’es-tu retrouvé à Rennes ?

À l’origine, je suis venu pour rejoindre mon frère Alexis qui évoluait dès ses 18 ans avec l’équipe première du REC. Je venais aussi pour finaliser mes études dans l’immobilier.

Mais l’année où j’arrive, en 2013, mon frère part au centre de formation du LOU Rugby à Lyon. Donc je me suis retrouvé seul.

Comment as-tu intégré Lamotte ? Est-ce lié à une rencontre en particulier ?

Alors en Licence pro en immobilier au campus de Ker Lann, j’étais à la recherche d’une entreprise d’accueil. En arrivant au REC Rugby, j’ai rencontré Jean-Marc Trihan qui était partenaire à l’époque et c’est ainsi que j’ai rejoint Lamotte.

Ensuite, j’ai effectué 2 ans en master, période pendant laquelle je travaillais chez Lamotte, tout en continuant à évoluer pour le REC.

Entretien avec Romuald François, joueur du REC Rugby - Lamotte

Quelle a été ton évolution chez Lamotte depuis ?

À la fin des études, j’ai été embauché en tant que Responsable du Développement pour l’agence de Rennes. Je le suis toujours. Dans le cadre de mes missions, je recherche du foncier et collabore principalement avec Antoine Botrel, Directeur Régional Bretagne.

Au quotidien, je passe à peu près 50% du temps en rendez-vous extérieur et 50% du reste du temps au bureau, pour le travail des dossiers.

Quelle est l’organisation de ta semaine ?

Disons que j’ai des semaines chargées avec le rugby.

J’ai une séance de récup le lundi soir (18h30 – 21h). Le mardi, la matinée est consacrée au rugby jusqu’à 13h30. Il y a deux séances le mercredi, le midi et le soir. Le jeudi, c’est journée off. Le dernier entraînement de la semaine a lieu le vendredi.

À chaque séance, nous avons de la préparation physique (musculation), de l’analyse vidéo pour étudier les adversaires et du jeu. Et le week-end, c’est match.

Vois-tu des éléments communs entre le rugby et ton travail quotidien dans l’immobilier ?

J’arrive à prendre un peu de pression sur les épaules, de par mon sport. Le métier de développeur foncier est très concurrentiel, sans compter les relations avec les collectivités qui sont de plus en plus processées. Les documents d’urbanisme (PLUi) sont de plus en plus complexes. Il y a aussi dorénavant beaucoup de réunions avec les riverains, les architectes, les urbanistes.

Romuald François, et quelques joueurs du REC Rugby - Lamotte

Retour sur le sportif. À un match de la fin de saison et de la pause estivale, un mot sur cette année ?

Ça a été les montagnes russes. Au mois de janvier, peu de monde aurait misé sur nous. De par ce parcours, cela rend les choses plus spéciales et exceptionnelles pour les joueurs. Au-delà du sportif, le groupe est magique, on a un état d’esprit juste dingue. Seul le sport peut véhiculer des émotions comme celles-là. On a fait de cette fin de saison un moment incroyable.

Vous avez déjoué pas mal de pronostics pendant les playoffs. Justement, en as-tu un pour la finale ?

C’est bateau ce que je vais dire mais une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. Il y a beaucoup de rugbymen en France, mais très peu ont un titre de champion dans l’armoire à trophées.

Pour bon nombre d’entre nous, ce serait la concrétisation et la récompense de beaucoup d’efforts et de sacrifices. C’est le cas pour nos familles qui elles aussi consentent et font beaucoup d’efforts pour nous.

Les joueurs du REC Rugby, après la victoire à Saint-Jean-de Luz - Lamotte

Quelques phrases et déclarations des adversaires sont sorties dans la presse avant et entre les matchs aller-retour, je pense notamment à Saint-Jean-de-Luz. Est-ce que cela vous a servi de levier de motivation ?

Les sorties dans la presse, que ce soit de Saint-Jean-de-Luz ou de Périgueux, font partie du jeu. Cela peut servir un groupe à trouver un petit supplément d’âme.

Mais avec ou sans cela, notre groupe était suffisamment resserré et soudé pour franchir les obstacles rencontrés.

Selon moi, ça n’a pas changé fatalement les choses, seulement rajouté un peu de piquant.

Mettre Rennes et la Bretagne (avec Vannes) sur la carte du rugby français, est-ce une fierté ?

Après quasiment 10 licences au REC, j’ai connu ici la Fédérale 3 puis une remontée en Fédérale 2 et en Fédérale 1. Et maintenant la montée en Nationale, la première division quasi-professionnelle, c’est juste dingue.

Je ne veux pas encore y croire.

C’est énorme, d’autant plus pour ceux qui font partie de l’aventure depuis la Fédérale 3, comme Mathieu Brignogen ou Alexandre Guéroult. Pour nous, c’est une juste récompense au vu du travail fait. On n’a surement pas les meilleurs profils, mais on a joué toutes ces saisons avec le cœur et l’amour du maillot.

Alexis et Romuald François, joueurs du REC Rugby - Lamotte

Vivre cette expérience avec ton frère, est-ce un plaisir supplémentaire ?

C’est indescriptible de vivre ça avec son frère, peu importe le niveau de toute façon, encore plus après 2 années tronquées par le Covid.

Lui est arrivé [ou revenu plutôt] il y a 3 ans. La première année, on a connu un maintien difficile. La deuxième année, il a subi une grosse blessure avec une rupture des ligaments croisés. Pour cette troisième saison, enfin complète, on vit la montée en Nationale. Et pourquoi pas rêver un peu plus fort avec le titre de champion de France. Ça justifie pleinement son retour au club.

Du coup, de quoi parle-t-on pendant les repas de famille ?

De rugby forcément, car notre père joue aussi. Il faut être honnête, le rugby prend une place importante dans la famille.

Mais on parle d’immobilier, ma femme étant notaire. Et de commerce, avec nos parents commerçants en Normandie. Je me rappelle qu’à dix ans, on était déjà avec mon frère derrière les caisses enregistreuses du magasin. Entreprendre et faire des choses, c’est ce que nos parents nous ont appris.

Et il y aussi beaucoup de partage avec les copains, même quand on se retrouve dans la famille.

Les supporters du REC Rugby lors du match contre le CA Périgueux - Lamotte

Il y a de plus en plus de ferveur dans les tribunes, à domicile évidemment mais aussi à l’extérieur. Que peux-tu dire aux supporters avant le match de dimanche ?

Les remercier déjà, que ce soit les supporters, les partenaires, et les bénévoles, pour leur soutien tout au long de l’année.

Ce que l’on peut souhaiter, c’est qu’ils continuent d’apporter leur soutien au groupe, peu importe le format. Des vidéos, de la présence physique ou des messages… c’est toujours apprécié par les joueurs.

Et on attend qu’ils soient prêts à nous recevoir avec un titre, prêts à nous accueillir à notre retour. On va tout faire pour aller chercher le titre de champion de France, ce sera aussi un peu leur victoire.

Allez le REC !

Crédits photos : © Dom35-Rugby

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